Les théories de la fécondité

Toute réflexion sur le devenir d'une société humaine passe par une analyse
de ses capacités à se reproduire et à assurer le maintien ou la croissance
de sa population. Ces questions ont longtemps été le propre des philosophes
ou relevaient de la morale, de la religion ou de la politique. À partir
du XIX<sup>e</sup> siècle, on voit apparaître une théorisation de la fécondité, notamment
à travers Malthus et son Essai sur le principe de population. La transition
démographique des pays européens et les transformations sociales et
économiques qui l'accompagnent, induisent de nouveaux comportements
démographiques qui appellent de nouvelles formulations théoriques.
Le développement des données statistiques a permis de rationaliser l'analyse
de ces comportements et de les mesurer à travers différents indicateurs, pour
tenter d'expliquer la baisse de la fécondité, tant au niveau individuel que général.
Mais les indicateurs ne suffisent pas : il faut les resituer dans leur contexte.
Historiens, anthropologues, sociologues, économistes ont, par leurs différents
apports, amélioré l'édifice théorique en cherchant à expliquer les comportements
familiaux : structures sociales et culturelles, choix économiques, évolutions
historiques et adaptations des populations ont influencé les décisions en
matière de fécondité. Autant d'aspects théoriques qui sont ici mis en lumière
à travers une sélection de textes dont les analyses ont été déterminantes pour
l'évolution et la connaissance de la discipline.