Les souvenirs du vieux Slovène : en Russie avec la Grande Armée

Le Vieux Slovène se souvient
En Russie avec la Grande Armée
Entre décembre 1809 et septembre 1811 une population slave nombreuse (environ un million et demi d'individus) - Slovènes, croates et serbes -, mélangée à des Italiens et des Allemands, vécue sous la loi française dans le cadre des Provinces Illyriennes napoléoniennes. Peu connue du lecteur français, les Provinces représentent un moment important de l'histoire de ces peuples. Malgré sa brièveté, la domination française devait laisser des traces durables tant dans les institutions que dans les esprits.
Placé dans ce contexte historique exceptionnel, le récit d'Andrej Pajk, jeune garçon de vingt ans, fils de paysans Slovènes, déroule son décor sur les vastes routes de Lombardie, d'Allemagne, de toutes les provinces - fort nombreuses - qu'il énumère à la fin de sa relation. D'abord Feldwebel dans la Landwehr autrichienne en 1809, il est enrôlé au printemps 1811 dans le premier régiment d'Illyrie avec le grade de sergent. Il participe à la campagne de Russie, et subit la terrible retraite, fin 1812. A nouveau prisonnier, il ne regagne son village natal que trois ans plus tard, en 1815.
Ce sont donc des faits historiques amplement connus qui forment le décor où prend place l'extraordinaire aventure de cet homme qui, puisant dans une sagesse populaire solidement arrimée à son être, nous donne à voir bien des détails à propos d'une réalité dont on croyait ne plus avoir grand chose à apprendre. Le quotidien d'Andrej Pajk se manifeste dans des circonstances les plus inattendues où seuls le courage de chaque instant et une lucidité sans relâche lui permettent de survivre. Sa relation s'étoffe et acquiert les dimensions d'une véritable leçon de vie.