Les professions et leurs sociologies : modèles théoriques, catégorisations, évolutions : actes du colloque de la Société française de sociologie, Paris, octobre 1999

L'exploration du monde des professions constitue un analyseur majeur de la
structure sociale, de ses transformations et de son ancrage dans le travail. Elle
opère aujourd'hui selon quatre dimensions principales d'investigation et de
théorisation, qui composent la trame des recherches nationales et des
comparaisons internationales : l'analyse structurale ou interactionniste des
relations de l'organisation interne d'une profession, et des relations de
complémentarité et de concurrence avec les professions voisines, constituées ou
émergentes ; l'approche socioéconomique des caractéristiques du travail
fonctionnellement divisé, et de leur cotation dans l'entreprise et sur le marché
de l'emploi ; l'étude microsociologique des profils individuels d'activité et des
identifications à un métier ; l'analyse institutionnaliste et constructiviste de la
classification des professions, et à travers celle-ci, de l'architecture sociale.
Issu d'un colloque organisé à l'initiative de la Société française de sociologie , le
présent volume poursuit plusieurs objectifs. Il dresse tout d'abord un bilan
critique des différents courants théoriques qui ont alimenté l'étude des
professions ; il évalue la robustesse de l'outil qu'a constitué la nomenclature
française des professions et catégories socioprofessionnelles mise en oeuvre par
l'INSEE en 1982 ; il caractérise les évolutions dans l'identification et la
dénomination des professions ; il confronte différentes analyses de cas issues
d'enquêtes sur des ensembles professionnels et cerne les défis que doit relever
l'analyse sociologique des professions face aux transformations du travail, de son
organisation et de ses marchés.
En devenant un champ de recherche spécifique, l'étude des professions révèle
ainsi un objet bien plus complexe qu'une simple grille d'identification et de
classification des tâches requises, objet qui constitue, en retour, l'un des meilleurs
repères pour établir les mérites respectifs des divers paradigmes de la
sociologie.