Les infortunes de la vertu

Débauché, délinquant, transgressif, subversif, Sade
a toujours été un auteur clandestin. Il ne publia des
textes sous son nom que vers la fin de sa vie. Sa liberté
de penser, son athéisme et sa plume lui ont valu vingt-sept
années d'emprisonnement, et ses oeuvres pornographiques,
objets de scandale et d'effroi, ont été systématiquement interdites
à leur parution. L'anathème dura jusqu'en 1960 ! Aujourd'hui,
il est passé à la postérité. Le mot «sadisme» figure
dans tous les dictionnaires et est transposé dans toutes les
langues. Son oeuvre a trouvé sa place dans la Bibliothèque
de la Pléiade.
Sade écrivit Les Infortunes de la vertu en quinze jours, lors
de son emprisonnement à la Bastille. Il s'agit de la première
version - sur trois - de l'histoire de Justine, jeune fille vertueuse
qui subit tous les sévices sexuels et corporels possibles
et imaginables. C'est Apollinaire qui fit connaître le manuscrit
original en 1909. Le texte sera publié en 1930.