Les génies instituteurs et autres contes fin de siècle

Les génies instituteurs et autres contes fin de siècle

Les génies instituteurs et autres contes fin de siècle
Éditeur: H. Champion
20141016 pagesISBN 9782745325761
Format: ReliéLangue : Français

Ce volume présente trente contes écrits par une vingtaine d'auteurs

essentiellement à la fin du XVIII<sup>e</sup> siècle et publiés entre 1770 et 1810. Certains

d'entre eux sont très connus du public, comme Beckford, Baculard d'Arnaud ou

Isabelle de Charrière ; d'autres ont très peu de notoriété et leurs contes sont peu

accessibles. On considère généralement que le merveilleux n'a plus de succès

dans la seconde moitié du siècle, ce qui peut paraître vrai après une grande

période de parodie. Cependant, avant et pendant la Révolution française, la place

des contes reste importante dans les salons et dans la presse. Les événements

politiques offrent aussi de nouvelles occasions aux génies et aux fées pour paraître

sur la scène littéraire. Les femmes auteurs, de Fanny de Beauharnais à Anne

Mérard de Saint-Just, font penser au cercle des conteuses du temps de

M<sup>me</sup> d'Aulnoy : elles recourent au genre du conte pour exprimer leur morale et

pour donner leur regard sur le monde.

Fréquemment publiés dans des périodiques avant de prendre place dans des

recueils, les contes gardent souvent des intentions parodiques. La satire des

moeurs qu'ils présentent prolonge celle des années 1740 et l'on écrit toujours des

contes en vers grivois. Mais l'époque est caractérisée par l'hybridation des genres

que traduit le choix des sous-titres : conte moral, conte oriental, conte chinois...

Au moment où le conte oriental reste un modèle prégnant, on ne fait plus guère

de distinction entre conte et nouvelle ou entre conte et fable. L'allégorie s'impose

partout : les auteurs la revendiquent dans leurs préfaces et dans leurs

commentaires. Cet usage permet de présenter des «génies instituteurs», comme

le préconise M<sup>me</sup> Desjardins. L'accent est alors mis sur l'apprentissage du bonheur

et sur l'expérience d'une sagesse qui doit s'exercer le plus souvent dans la société.

La présence d'enfants comme auditeurs s'impose à la fin du siècle : elle va de pair

avec une fonction pédagogique clairement assumée.

Les contes envisagent presque tous l'apprentissage que doit faire le bon

prince. Mais quand éclate la Révolution, le genre se trouve pris dans le combat des

idées : certains contes optent pour le parti orléaniste, d'autres pour la contre-révolution,

d'autres enfin espèrent voir Bonaparte restaurer la galanterie de la

monarchie.

Ainsi, en redécouvrant des textes oubliés, on trouvera dans ce volume le reflet

des débats philosophiques et politiques qui agitent le tournant du siècle.

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