Les faux et les vrais prophètes : les crises théologico-politiques de l'Occident

Le prophétisme de Savonarole ou de Muntzer (à l'époque de
Machiavel ou de Luther) semble être justifié par la cause qu'il
défend : celle des pauvres et des dominés. Mais le prophétisme a
des ambiguïtés ; et des dérives «spirituelles» sont toujours possibles.
C'est pourquoi est ici soulevée la question des faux et des
vrais prophètes. On a abusé du mot. A-t-il encore un sens
aujourd'hui, dans notre monde sécularisé ? Les prophètes ont toujours
inspiré des mouvements sociaux, s'opposant ainsi à l'ordre
institué. Cet aspect politique du problème a intéressé l'auteur,
autant que la référence religieuse ou mystique de ces mouvements.
Car, «au nom de» quoi peut-on remettre en question ce que Max
Weber a appelé «pouvoir légal» et «pouvoir traditionnel» ?
Cette réflexion sur les prophétismes, en ces temps de bouleversement
mondial, est d'une évidente actualité.