L'équation

«Virginie avait seize ans et j'en avais vingt-cinq : cela faisait neuf
ans d'écart.» C'est en posant cette équation à ses yeux insoluble que
Paul commence son récit. Il est agrégé de lettres, elle est en première.
Nous sommes au début de ce siècle, en plein coeur d'un lycée de
province : l'interdit est là qui répand son parfum. Pour vivre pleinement
cette chance unique de devenir quelqu'un d'autre, Paul hésite
un peu mais finalement ne reculera devant rien : comme beaucoup
de romans d'amour, L'Équation est aussi le récit d'une initiation.
Tout en questionnant subtilement un tabou bien connu, le quatrième
roman de Florent Kieffer ausculte avec humour cette période
qui entoure le passage à l'âge adulte. L'auteur s'y livre à une satire
mordante du milieu enseignant, qu'il connaît bien. Gardant toujours
une ironie affectueuse - mais sans pitié - à l'égard de son
double romanesque, il entremêle avec malice les récits de ses tribulations
amoureuses, artistiques, sexuelles, professionnelles.