L'épopée cathare. Vol. 1. La croisade albigeoise

Il y a près de huit siècles, à l'instigation du pape
Innocent III, le fer et le feu s'abattaient sur les terres qui
allaient constituer plus tard la province du Languedoc : comtés
de Toulouse et de Foix, vicomtés de Carcassonne, Albi et
Béziers. Prétexte de cette guerre sans merci connue sous le
nom de Croisade albigeoise et menée de 1209 à 1229 par une
chevalerie recrutée dans le nord de la France : l'éradication du
catharisme, une hérésie solidement implantée en pays occitan,
qui enseignait que le monde visible n'est pas l'oeuvre du Dieu
de bonté, mais celle d'un créateur mauvais.
Chevauchées destructrices, ravages, sièges, incendies,
massacres, batailles rangées - sans compter les bûchers dressés
pour ceux qui ne voulaient pas renoncer à leur foi : de l'Agenais
et du Périgord au Rhône, quinze de nos départements furent le
théâtre, vingt ans durant, d'une lutte farouche dont l'enjeu
devint rapidement politique tout autant que religieux.
La première croisade prit fin en 1215, mais dépossédés
au profit de Simon de Montfort, le chef des «barons du Nord»,
les princes occitans se ressaisirent, repartirent en guerre.
Montfort fut tué en 1218 sous les murs de Toulouse. Rome
en appela à une deuxième croisade dont le roi de France
Louis VIII prit le commandement jusqu'à l'effondrement du
Languedoc.
Devenu le spécialiste le plus renommé de ce christianisme
dissident, Michel Roquebert relate dans ce premier volume,
avec une minutie inégalée avant lui, la douloureuse épopée qui
ébranla le pays d'oc. Partant des premières manifestations du
catharisme au XI<sup>e</sup> siècle, il nous conduit au traité de Paris que
le comte de Toulouse Raymond VII fut contraint de signer en
1229. Il rattachait au domaine capétien la moitié de ses domaines
et préparait à moyen terme l'annexion du reste. Michel
Roquebert s'est exclusivement fondé, pour établir son récit,
sur les documents historiques contemporains des faits.