L'entreprise et le droit communautaire : quel bilan pour un cinquantenaire ?

Le Traité de Rome instituant la Communauté
économique européenne a fait de l'entreprise
l'un des principaux bénéficiaires du Marché
commun, au même titre que les personnes
physiques. Dresser aujourd'hui un bilan du
droit communautaire applicable à l'entreprise
permet de mesurer le degré d'intégration
réalisé dans les droits nationaux par ce droit
cinquante années après son entrée en
vigueur. Sans aucun doute, prévalence doit
être donnée aujourd'hui au droit communautaire.
La mise en place de règles harmonisées
de concurrence a fait émerger un droit
commun du marché. La prévalence
s'est également installée dans des branches
spécialisées du droit comme le droit des
sociétés, le droit des marchés financiers,
le droit de la propriété intellectuelle. Des
branches présentées comme des "îlots de
résistance" n'ont pas non plus été
épargnées. Ainsi en est-il du droit des
faillites, du droit fiscal, voire du droit pénal.
Le droit communautaire ne se contente pas
de modifier les règles de fond. Il introduit
de nouvelles conceptions ou de nouveaux
opérateurs tels le consommateur, ou l'entreprise
dont on peut se demander si elle
n'est pas devenue un sujet de droit. Il renforce
par ailleurs certaines protections, comme
celles offertes aux salariés. Face à cette
hégémonie du droit communautaire,
l'intégration est-elle pour autant achevée ?
Afin de répondre à cette question, les études
présentées dans l'ouvrage s'efforcent de
mieux identifier les évolutions réalisées et de
mettre en valeur les acquis, sans négliger
les difficultés auxquelles se heurte encore la
construction européenne.