Le ventre, le rêve et la raison

Guido et Quentin viennent de s'installer à la
campagne dans la vaste et un rien lugubre maison que
les parents de Quentin leur ont cédée. Guido, écrivain
de renom, compte y trouver la tranquillité et le recul
nécessaires à la renaissance littéraire.
C'est dans le salon encore vide qu'on le découvre en
début de pièce, lorsque Quentin lui annonce - avec
ménagement - la visite imminente de sa soeur Jeanne
(ex-compagne de Guido). Et de fait, elle débarque,
curieuse, avide, ironique, avec - et c'est ce qu'ils
n'avaient pas prévu, les deux autres - des projets
concernant la vieille demeure. Mais bientôt, derrière
les propositions, les plans, les bonnes raisons de
Jeanne, Guido devine d'autres projets, d'autres
espoirs... moins raisonnables.
Au coeur de ce drame intime, où souvent la passion et
la cruauté l'emportent sur la raison, se cache la question
universelle du choix. (Du choix et du mensonge. )
Mais pour les trois personnages de ce drame, il n'est
plus temps d'atermoyer, et c'est poussés par la nécessité
qu'ils tentent - avec plus ou moins de bonheur -
d'affirmer et d'imposer ce «Moi» qui, seul, peut les
sauver du vide et de la douleur du vide.