Le théâtre d'Eugène Ionesco : figures géométriques et arithmétiques

Cette étude sur le théâtre ionescien soulève différents enjeux
puisqu'elle parle d'une expérience de l'absurde fondée sur une organisation
symbolique de l'espace, du temps, des personnages, associée à une
démolition du langage. Il s'agit de mettre en avant une spécificité esthétique
originale de ce théâtre : la géométrie et l'arithmétique éclairent le système
dans lequel vivent les personnages, enfermés dans une structure, et
contribuent à la création d'un monde parallèle au nôtre. L'analyse des
figures géométriques et arithmétiques proprement dites ainsi que les
notions de verticalité et d'horizontalité confirment, à une autre échelle, ce
sentiment d'enfermement et exposent deux attitudes possibles face à
l'existence absurde : la soumission ou la résistance. L'expérience de
l'absurdité, façonnée par les outils de la géométrie et de l'arithmétique, met
en lumière le principe même du théâtre de dérision : dire le tragique par le
comique. Ionesco se fait ainsi le créateur d'une nouvelle logique permettant
une critique de la société et surtout un triste constat sur l'existence. Jouant
avec la distanciation, avec des personnages aux allures de pantins qui font
rire, mais aussi avec l'identification des lecteurs et des spectateurs à ces
personnages, il montre que derrière le rire se cache l'angoisse. Se profile
alors une réflexion sur l'existence des êtres destinés à mourir, la nôtre...