Le temps Vivaldi

De l'hiver à l'hiver, au fil des charmes des saisons, un personnage bien étrange
guide la plume et la pensée de Bocampe. On ne sait pas grand-chose de lui - ou
plutôt d'elle - et l'on se plait à l'imaginer à l'intersection du monde des mythes et
de celui des rêves...
De ce monologue, il en ressort avec netteté une vision poétique du devenir humain,
une perception cyclique et non plus linéaire du temps. Respire ! Vas à l'essentiel,
à l'origine - ce que l'auteur appelle ici «la graine». - car si la vie est miracle,
c'est qu'elle est un éternel recommencement. Mais, pour cela, il est nécessaire que
l'homme se souvienne que ses racines plongent dans l'infini mystère de la nature,
de ces cycles immuables - pareils en cela à des rites - et que la dignité d'être
homme, de le devenir et de le rester, paradoxalement, s'acquiert par l'humilité face
au plus humble, au plus petit : ce noyau que représente, justement, «la graine». Or,
graine qui roule amasse bien plus que mousse...
Jean Grin
Animateur de la revue "Axolotl"