Le soi, le temps et l'autre : autour de Husserl, Maine de Biran et Ricoeur

Le soi, le temps et l'autre
La temporalité est ce flux de conscience qui « modifie » tout donné dans un projet signifiant paramétré par une mémoire. Par cette modification tout individu vivant ou « monade » met en oeuvre à sa mesure l'ingénierie du Désir, mais seul l'homme peut s'engager à être un soi selon une résolution convaincue. C'est l'expérience intime de sa « chair » qui l'ancre dans la durée de cet effort vers une puissance d'agir optimale. Dans ce mode originaire de présence d'une absolue singularité qu'est le « corps subjectif » habité par le Désir, un soi se reconnaît en s'éprouvant comme cette unité dynamique ouverte sur un monde qu'elle évalue projectivement.
Mais puisqu'elle est-avec-autrui, cette singularité ne peut trouver son accomplissement que par le lien solidaire avec l'autre soi qui convient : les synergies du Désir signent ainsi la joyeuse harmonie des projets où le don sans retour inaugure, pour chacun des soi, une éthique festive de sa puissance d'agir.