Le retour de Zarathoustra : roman philosophique

Zarathoustra, l'annonciateur du surhomme, le chantre de la volonté
de puissance et de l'éternel retour disparut seul face au soleil, ne laissant
à ses adeptes qu'un seul message pouvant se résumer ainsi : «Il vous faut
vivre et vouloir par vous-mêmes !» Mais comme tout ce qui vit, comme
tout ce qui veut, Zarathoustra lui-même faisant partie du cycle éternel,
il ne pouvait que revenir. C'est ce retour qu'évoque ce récit qui se veut
littéraire et même souvent poétique.
Revenu du passé par la porte du temps, Zarathoustra trouve devant
lui un monde dominé par un monstre : le «Marché», qui à force de
tout dévorer a fini par se dévorer lui-même. Au milieu d'un champ de
ruines, aux confins d'un monde où il est même devenu impossible et
impensable de vivre, dans un monde qui cherche pathétiquement sa
résurrection dans le «Marché» qui l'a justement conduit à sa perte,
Zarathoustra et ses nouveaux adeptes quêtent et trouvent dans un
pauvre désert les signes d'un espoir à renaître.
«Là où croît le péril, croît aussi ce qui sauve», écrivait Hölderlin. Cette
citation illustre mieux que tout le message philosophique, poétique et
esthétique qui apprendra au monde à se sauver du destin unique auquel
le monstre phagocyte l'avait définitivement condamné.