Le problème du temps chez Ferdinand de Saussure

La présente étude est née du souci de prendre au sérieux l'idée que «le temps n'est pas refoulé de la réflexion saussurienne» et qu'«il y est même omniprésent, surtout quand il paraît évacué» (Michel Arrivé, 1990).
On critique souvent la linguistique saussurienne à travers le filtre structuraliste, en disant qu'elle est à la fois anhistorique et antipragmatique. Elle serait ainsi intrinsèquement atemporelle. Poser le problème du temps chez Saussure, c'est d'abord répondre à cette critique. Mais comme Saussure n'a jamais défini le temps en tant que tel, il faut relire tout ce qu'on connaît de lui - cours de linguistique générale, recherches sur la légende germanique, recherches sur les anagrammes - à la lumière de cette catégorie phénoménologique. Parler, raconter, versifier peuvent-ils se comprendre sans diachronie ?