Le patrimoine est-il fréquentable ? : accès, gestion, interprétation

L'université d'Angers et l'université catholique de l'ouest ont pris l'initiative
d'organiser en 2006, avec le concours de la Mission Val de Loire, une université
d'été consacrée à la fréquentation du patrimoine.
Ce thème est d'abord l'objet d'une injonction paradoxale. Alors que des pressions
multiples s'exercent pour que le peuple admire les sites les plus remarquables,
comme les témoignages les plus obscurs, des discours n'ont de cesse de prôner la
limitation de l'accès au nom des risques encourus. Ils sont rejoints pas d'autres
au nom de l'incapacité que le plus grand nombre aurait à comprendre et à
profiter à bon escient de ce bienfait. Or les lieux les plus fréquentés sont les
mieux conservés et les héritages sont surtout menacés par l'oubli.
Certes, dans certaines situations, l'organisation des flux, souvent plus que la
limitation de l'accès, y est une condition première, mais on observe que les
barrières sociales sont trop facilement retenues. Par ailleurs, ce sont souvent des
cas rares. Dès lors, les enjeux se situent dans la qualité de l'ouverture. D'une part,
l'accessibilité et les visites peuvent être gérées de manière à prendre en compte à
la fois la protection et les attentes des visiteurs. D'autre part, la connaissance du
patrimoine qui constitue une des clés de l'appréciation de la visite peut être
apportée par des techniques d'interprétation, sans pour autant constituer la seule
modalité de l'expérience vécue.