Le gentleman de velours

"Je passais de longues journées à ne rien faire d'autre que d'être
couché dans les draps blancs à tousser & à contempler le haut
plafond blanc. Je pianotais sur les couvertures les morceaux
de Beethoven & de Bach que j'avais tenté d'assimiler
au Conservatoire... [...] Comme le drap était grand, comme
il m'enveloppait dans sa blancheur immaculée ! Quels rêves,
quelles images s'ouvriraient à moi si seulement je pouvais
recouvrer un tel état de pureté, d'antiquité, de tranquillité ?"
Erik Satie, muni de son éternel parapluie, se tient sur le quai
d'une gare. Il est mort la veille. On lui apprend qu'il devra
séjourner sept jours sur place, le temps de choisir un unique
souvenir à emporter vers la blancheur totale. Commence alors,
entrecoupées de rencontres loufoques avec les autres passagers
des limbes, une suite de réminiscences qui dessinent le portrait
du compositeur des Gymnopédies et autres Morceaux en forme
de poire... Les Fumistes et les Rose-Croix, Debussy, Ravel,
Picasso ou Cocteau traversent ce livre inclassable, à la fois fiction
réussie et facétieuse autobiographie. On pourra tout aussi bien
le savourer comme un étonnant roman d'imagination poétique,
ou se laisser bercer par la rêverie qu'apporte sa musique claire
et sensible.