Le coeur mangé : histoire d'un thème littéraire du Moyen Age au XIXe siècle

La légende du «coeur mangé» raconte l'histoire d'un mari
jaloux qui se venge de sa femme adultère en lui faisant
manger, à son insu, le coeur de son amant. Considéré comme
un exemple de «fin'amor» par excellence, riche en significations
symboliques et métalittéraires, ce récit bénéficie d'une large diffusion
au Moyen Âge, lorsque les victimes les plus illustres de cet acte de
cannibalisme amoureux sont le troubadour Guillem de Cabestany
et le trouvère connu sous le nom du Châtelain de Coucy. L'étude
de Mariella Di Maio est la première tentative pour reconstruire les
métamorphoses de ce thème littéraire après sa floraison médiévale
dans différents genres et formes (poésie, théâtre, mélodrame, roman,
nouvelle) jusqu'à la fin du XIX<sup>e</sup> siècle, en passant par le XVIII<sup>e</sup> (De
Belloy, Baculard, Sade) et le romantisme (Stendhal et ensuite Barbey
d'Aurevilly). Cette étude est aussi le premier bilan de la fortune du thème
en question dans le théâtre musical romantique : ballets, mimodrames et
surtout opéras, de Carafa, Donizetti et Mercadante, dont on trouvera les
livrets en appendice, avec un inédit de Saint Saëns qui est une relecture
parodique et critique de cette histoire d'amour et de mort.