Le boucher. Le fumet du pélardon

Le Chef , s'adressant au boucher .- Quand tu parles au chien il faut parler aussi à l'os. Qui donne au pauvre prête à Dieu. Et toi tu lui vendrais ta fumée. Si le chien ne mange que les os, ce n'est pas parce que la viande ne lui plaît pas c'est parce que personne ne la lui donne. Tu vois boucher, quand on change le tam-tam de place, il a un autre son. (Au garde qui tient les billets.) Paye-le. Fais-lui sentir le parfum de son argent. (Le garde écrase les billets sur la face du boucher.) Celui qui se permet de cracher en l'air doit s'attendre à recevoir des gouttes de salive sur le nez.
Extrait de « Le Boucher »
Le fromager .- Ce pouilleux, ce voleur, refuse de me payer !
Le resquilleur .- Cet escroc veut me faire payer pour l'odeur de son fromage. La puanteur, oui.
Le placier .- Du calme, du calme... Que chacun s'explique calmement.
Le fromager .- Cet apache rôde autour de mon banc depuis ce matin, il fait fuir la bonne clientèle et en plus il me vole le parfum de mes fromages en passant son pain dessus.
Le resquilleur .- Menteur, pas dessus, au-dessus ! J'ai seulement passé mon bout de pain au-dessus et il veut me faire payer pour ça. Je ne les ai même pas touchés ses fromages puants.
Le fromager .- Puant toi-même. Pour ça, tu vas me payer le prix d'un fromage.
Le resquilleur .- Dans tes rêves !
Extrait de « Le Fumet du pélardon »