L'aide sociale à l'enfance et les jeunes majeurs : comment concilier protection et pratique contractuelle ?

Suite à l'abaissement de la majorité en 1974, les missions de
protection de l'enfance peuvent être élargies aux majeurs âgés
de 18 à 21 ans qui rencontrent des difficultés d'insertion sociale
ou professionnelle faute de ressources ou de soutien familial.
Cette aide, communément appelée «contrat jeune majeur»,
s'appuie sur la technique du contrat. Elle s'inscrit, au début des
années 1980, dans un processus de rénovation de l'Aide Sociale
à l'Enfance et de ses rapports avec les familles, puis, à la fin de
cette décennie, dans le champ de l'insertion avec l'instauration
du contrat d'insertion lié au RMI.
L'articulation de cette pratique avec l'ambition de la protection
ne va pas de soi : l'aide aux jeunes majeurs, par le biais du
contrat, n'est-elle pas recouverte par des techniques et des
visées qui la dénaturent ? Cette technicisation a-t-elle, en se
développant, modifié les places dans la relation éducative ?
Cette «responsabilisation» du sujet permet-elle une plus grande
protection des plus vulnérables ?