La ville contre les grands ensembles : l'expérience de Quetigny : d'une ville pionnière aux villes durables

D ire qu'il y a une crise du logement en France relève aujourd'hui de l'euphémisme: on estime que près d'un million de logements manquent à l'appel. Pire: c'est la ville entière qui est en crise. Ses banlieues se révoltent, pendant que les centres-villes se transforment en galeries commerciales géantes, délaissant les habitants. Ceux d'entre eux qui le peuvent participent à une course vers le pavillonnaire, grignotant toujours plus les espaces périurbains, et inscrivant l'urbanisme contemporain dans une non-durabilité hallucinante. À l'heure de la crise énergétique, nous fondons sans sourciller des villes tentaculaires, sans centre, sans densité, sans sens politique.
«Impossible de maîtriser le mouvement» , plaident certains élus locaux, qui savent pourtant, quand ils le souhaitent, faire barrage à la construction de logements sociaux sur le territoire de leur commune! C'est ici que l'expérience de Quetigny, ville nouvelle autoconstruite de l'agglomération de Dijon, nous est utile: elle illustre que l'urbanisme peut se mettre au service d'un projet politique, et même d'un projet de société. Quetigny, le contre-exemple d'un urbanisme techniciste ou privatisé, nous montre comment penser la ville peut construire la ville.