La théorie pragmatique de l'action

Sous couvert d'une histoire de la théorie pragmatique de l'action, Ewerton
Ribeiro interroge ici la théorie inhérente à l'usage des signes et la façon dont
elle a inspiré les mille et une variations réduisant l'être humain à un usager des
signes. Loin de se limiter au récit rhapsodique de ces variations, il retrace la
façon dont les pragmatistes Peirce, James et Dewey ont décelé dans la nature de
signe de l'homme sa capacité à réaliser l'enjeu philosophique d'une formation
de l'être humain susceptible de le conduire à sa destination pour réaliser ce
que l'usage des signes destine chacun à être : un accord avec lui-même qu'il ne
peut atteindre que par le détour de la production d'un accord avec le monde
et avec ses allocutaires.
Alors que Wittgenstein prétendait nous guérir de la philosophie, l'auteur nous
guérit du rejet du jugement inhérent à la réduction des signes à des instruments.
Les théories des actes de langage, les pragmatiques éthiques et sociopolitiques
reflètent la façon dont la course aveugle au consensus engendre en chacun
et en chaque société un différend avec soi-même et avec autrui. Ce destin
est affronté par chacun à l'aide d'un jugement qui se relance continûment
lui-même. La performance de l'auteur est de nous libérer de cette réflexivité
chronique qu'engendre la pragmatique aveugle du consensus.