La rétention administrative des étrangers : entre efficacité et protection

Depuis longtemps, le dispositif de rétention administrative représente
un point de passage obligé de la lutte contre l'immigration irrégulière. Il
traduit l'idée, fort répandue chez nos gouvernants et encore exprimée par
exemple dans le projet de loi sur l'immigration transposant la fameuse
directive européenne dite «Retour», que ce procédé est l'instrument par
lequel se trouvent mieux garanties les possibilités d'éloigner
effectivement les étrangers non désirés. Vu sous cet angle, il n'est guère
surprenant que les pouvoirs publics, en France et ailleurs, cherchent à
optimiser le dispositif de rétention de manière à le conformer à l'action
prioritaire de lutte contre l'immigration irrégulière. La rétention
administrative doit ainsi répondre à une préoccupation majeure :
l'efficacité. Mais, évidemment, on ne peut dans le même temps faire
abstraction des droits dont dispose l'étranger retenu, au premier rang
desquels figurent la liberté, le droit à un traitement digne ou le droit de se
défendre devant un juge. L'étranger doit donc également jouir d'un
élément essentiel à sa condition d'homme : la protection. Donnant libre
cours aux regards croisés d'éminents spécialistes universitaires et
praticiens, dans une perspective aussi bien interniste que comparatiste, le
présent ouvrage tend à donner les clefs de compréhension et de réflexion
de l'équilibre ou du déséquilibre qui existe aujourd'hui entre ces deux
finalités antagonistes.