La politique cinématographique de la France en Allemagne occupée : 1945-1949

En 1945, après avoir constitué un puissant
instrument de propagande sous le Troisième
Reich, le cinéma allemand est réduit à néant et
se trouve soumis au bon vouloir des puissances
d'occupation. Tout en affirmant sa volonté de
dénazifier et de rééduquer les Allemands, chacune
d'elles entreprend de relancer et de développer les
activités cinématographiques d'une façon conforme
à ses intérêts.
Cette étude se propose de cerner les
caractéristiques, l'évolution et le rayonnement de
l'action menée par les Français. L'importance qu'ils
accordent au cinéma se traduit par de nombreuses
mesures : réouverture des salles, installation
d'ateliers et de studios, création de sociétés franco-allemandes,
sélection et diffusion de films français,
organisation de galas et de festivals, mise en place
de ciné-clubs... Si certaines réalisations s'inscrivent
dans une politique de rééducation, d'autres dénotent
une volonté de rehausser le prestige de la France
et d'implanter le cinéma français en Allemagne. En
même temps, des accords passés avec les autres
puissances d'occupation témoignent de l'impact
du contexte international (émergence de la Guerre
Froide et adhésion progressive de la France à la
politique anglo-américaine) sur le cinéma.