La mort à fleur de peau : corps et mort en psychanalyse

Deux femmes, leurs rapports au corps, à ses surfaces et à sa symbolique,
viennent bousculer l'analyste et ses repères. Thérèse, issue d'une lignée de
couturières, que la réussite sociale de son époux conduit au désoeuvrement, en vient
à faire de sa vie l'histoire du découpage de sa peau. Vie scandée des dates de ses
opérations de chirurgie esthétique, peau tranchée, corps sculpté par la lame de
l'espoir. Angélique, perdue dans ses absences, ne cesse de s'ébouillanter dans l'eau
de la préparation des repas. Réveil brutal, par la douleur de ses mains brûlées,
répétitions des appels au secours et du spectacle de sa chair à vif.
Les symptômes corporalisés dessinent une anatomie inconsciente
fantasmatique dans laquelle la mort est le chaînon d'une polysémie redoutable.
S'impose alors la constitution de la mort comme problématique proprement
analytique, qui ne laissera indemne ni la théorie, ni la clinique. Aulagnier, David-Ménard,
Fédida, Lacan, Zaltzman sont les interlocuteurs privilégiés d'un patient
questionnement par lequel les fondements de la psychanalyse sont mis à l'épreuve
et renouvelés. Le recours à la philosophie - Benjamin, Deleuze, Hegel - répond, lui,
à l'exigence de faire apparaître ce que la théorie analytique risque d'évacuer par sa
méthode clinique : l'anthropologie implicite à ses interprétations. Affleurent, au
terme de la recherche, une clinique appuyée sur l'inquiétante étrangeté et une
métapsychologie de l'indéfini.