La lutte contre le racisme, l'antisémitisme et la xénophobie : année 2011

Dans son précédent rapport, la CNCDH s'interrogeait sur une montée de
l'intolérance en France, hésitant à affirmer clairement l'existence d'une
tendance réelle à partir des seules données des enquêtes de l'année 2010.
La lecture des résultats de l'enquête menée en 2011 semble confirmer le
constat établi en 2010 : le lent et continu mouvement d'ouverture de la
société française vers «l'autre» - l'étranger, l'immigré - marque le pas. Après
avoir constaté sur une période de vingt ans le recul de l'intolérance et des
préjugés, la dynamique d'une plus grande ouverture sur le monde et sur les
autres semble stoppée. Pour la première fois, la très grande part des indicateurs
à disposition sont inquiétants sur deux années consécutives, comme
si le phénomène s'ancrait dans la durée. Cette évolution sur deux années
consécutives est préoccupante. La persistance d'un tel phénomène, dans un
contexte de crise économique qui favorise les craintes et les incertitudes,
appelle à rester vigilant. Bien plus, elle révèle l'urgence d'avoir une vision
complète, objective et lucide de la situation, au regard à la fois de la réalité
du racisme et des actions concrètes visant à son élimination.
Le rapport annuel de la Commission nationale consultative des droits de
l'homme sur la lutte contre le racisme, l'antisémitisme et la xénophobie
s'inscrit dans une double démarche d'information et de sensibilisation. Le
rapport 2011 révèle que, malgré des efforts constants de la part des acteurs
publics, mais aussi de la société civile, le combat est loin d'être gagné.
Alors que l'année 2011 a été marquée par la mobilisation des pouvoirs publics
en vue de l'élaboration d'un Plan national d'action contre le racisme et l'antisémitisme
- que la CNCDH appelle de ses voeux depuis de nombreuses années
- le rapport de la Commission et les recommandations qui l'accompagnent
mettent avant tout l'accent sur la nécessité d'une intervention dynamique
en amont. Une telle entreprise n'est envisageable qu'à travers la mise en
place d'une stratégie politique spécifique et concertée à l'échelle nationale,
notamment en matière d'éducation et de prévention, ce qui nécessite une
forte implication de l'ensemble des acteurs publics et privés opérant dans
ce domaine.