La fusion des sociétés commerciales en droit interne et international : contribution à la notion de contrat-organisation

La fusion des sociétés commerciales
en droit interne et international
Contribution à la notion de « contrat-organisation »
La fusion est l'opération par laquelle une ou plusieurs sociétés
transfèrent, par la suite de leur dissolution sans liquidation, leur
patrimoine à une société préexistante ou nouvellement créée ; ce
transfert s'opère moyennant la distribution de parts sociales aux
associés de la société dissoute. En adoptant cette définition, le
législateur européen et son homologue français ont souligné les
effets principaux de la fusion en demeurant toutefois silencieux sur
sa nature juridique. La doctrine et la jurisprudence se sont relayées
afin de lever le doute qui régnait en la matière. Finalement, il semble
que la notion originale de contrat-organisation soit la plus apte à
saisir convenablement la nature de la fusion.
La fusion est un contrat-organisation qui entraîne une mise en
commun du patrimoine et des membres de chacune des sociétés
fusionnantes au sein d'une seule société préexistante ou nouvelle.
L'opération, qui ne saurait être réduite à une simple permutation
de biens et valeurs, élabore un jeu de coopération entre les sociétés
contractantes qui, désormais regroupées en une seule entité,
gagneront et perdront conjointement. Cette qualification retenue
en droit international privé conduirait à appliquer à la fusion
distributivement la lex contractus et la lex societatis . L'intervention
d'une lex contractus propre à la fusion permettra, d'une part, de
désigner la loi compétente pour régir les questions relevant de la
nature contractuelle de l'opération et, d'autre part, de remédier aux
insuffisances avérées de la méthode conflictualiste classique qui se
contentait de l'articulation des leges societatis .