La figue de l'oncle : l'Algérie de Grand-Papa : récit

L'Algérie de la fin du XIX<sup>e</sup> siècle, après la chute du Second
Empire. Les Européens y sont en proie aux mêmes luttes politiques
que la Métropole, plus exacerbées encore peut-être : droite contre
gauche, «patriotes» contre républicains et francs-maçons,
«dreyfusards» contre antisémites. On est au temps de Drumont, du
scandale de Panama, des députés «chéquards». A Sidi-Lhassen, le
maire est un ancien gendarme converti à la politique, son adversaire
principal, devenu son ennemi personnel, est un gros minotier local. Et
tous les moyens sont bons pour l'emporter aux élections municipales.
Ce serait presque Clochemerle au Sahel si le tragique n'était
souvent trop proche de la comédie. Comme de l'autre côté de
l'Atlantique à la même époque, on dirait un vrai western dans ce
village de colonisation, typique de l'Oranie. S'y sont implantés des
paysans de toute l'Europe : Français du Nivernais, Allemands du duché
de Bade, Alsaciens exilés, Espagnols d'Andalousie ou des Baléares,
Italiens. Et où vivent aussi des juifs devenus français par décret ; et des
«Arabes» encore nomades, qui ne sont, là et à ce moment, pas plus
nombreux que les «Européens».
À travers une histoire de famille, banale mais pas trop, on voit
naître une société nouvelle. Mais provisoire... Oui, c'est encore une
histoire de «Nostalgérie».