La colère selon Platon

Pourquoi la colère selon Platon ?
S'évader d'une perspective classique qui présente tout excès comme
étant mauvais, telle est la tentative de cette étude de la colère selon
Platon.
Déception et domination, bref mécontentement face à l'obstacle
débouchant aisément sur ce mouvement d'agressivité qu'est la colère, la
colère apparaît comme l'un des grands fondements de l'agir sauvage ou
grandiose des humains. Ne pas obtenir l'objet de ses désirs, vouloir
imposer sa force suscitent l'obstacle, et face à la résistance, la colère. La
tragédie grecque s'est emparée avec force et lucidité de cette motivation
des conflits qui mènent le monde.
Or tels spectacles font surgir chez les spectateurs, par-delà l'horreur, le
plaisir d'entendre et comprendre. Rien de plus enthousiasmant que ces
dialogues où la passion se manifeste en maintes diatribes irritées. Colères
de Clytemnestre, de Créon, de Médée constituent des aspects sublimés
de ce que sont les colères quotidiennement vécues par les hommes,
colères qui constituent en définitive l'un des versants essentiels de la nature
humaine.