Kennedy ou L'invention du mensonge

Héritier de l'une des familles irlandaises catholiques les plus puissantes
de Boston, John F. Kennedy est resté, jusqu'au jour de son assassinat,
un personnage «fabriqué» par son entourage.
Désigné par son père, après la mort du fils aîné, pour accomplir son
destin présidentiel, John fut le premier politicien américain formaté
par la télévision et le marketing électoral. Après sa mort, les ombres de
sa présidence, camouflées par sa famille, ont été longtemps tues par les
historiens et les médias, et son aura entretenue avec soin pour perpétuer
la légende et les ambitions de toute une dynastie.
Pourtant, les maladies qui le rongeaient depuis l'enfance, son obsession
des femmes, ses liens avec la mafia, les errements de sa pensée politique,
les ressorts tortueux de son accession au pouvoir, représentent tout ce
que l'Amérique honnit : le parjure, la trahison, la corruption. Comment
juger aujourd'hui son inclination pour la politique d' appeasement face à
Hitler en 1940 ? Son refus de condamner le maccarthysme ? Les conditions
obscures de son élection de justesse en 1960 ? Ses positions pour
le moins ambiguës sur les droits civiques des Noirs ? Son engagement
des troupes américaines au Viêtnam ?
Cinquante ans après sa mort, le mystère Kennedy ne réside pas dans le
prétendu complot dont il fut la victime, mais dans une existence tout
entière occultée par le mythe. Un mythe que Stéphane Trano s'attache
à déconstruire point par point, à l'aide d'archives déclassifiées encore
inexploitées.