Jupe courte et conséquences : théâtre

Excédée par les regards lubriques et les propositions grossières des
hommes dans la rue, une femme décide de s'en prendre au prochain
dragueur. Elle revêt jupe courte et bottes élégantes et s'aventure dans un
jardin public... Une comédie entraînante sur notre condition amoureuse.
Un succès mérité.
Création en France en 2008 au Lucernaire.
«Ne vous fiez pas au titre du nouveau spectacle d'Hervé Devolder, il
est trompeur ! A son énoncé, on serait en droit d'attendre une énième
comédie «girly», bavarde, un brin racoleuse, qui palabrerait sur
différentes techniques de dragues et autres sujets du même acabit. Mais là,
il n'en est rien. Alors, bien sûr, la rencontre amoureuse reste le coeur du
propos : on est dans un jardin public, un homme croise une jeune femme
jouant à fond la carte de la provocation. Marinette, blessée par les hommes,
entend bien prendre sa revanche sur le premier dragueur qui se présentera.
Comme par définition la vie est injuste, celui-ci paiera pour tous les
autres ! On se laisse gentiment bercer par cette première partie qui [...]
nous réjouit par ses dialogues et l'entrain des deux comédiens. Mais très
vite les pistes se brouillent, la pièce s'emballe et le spectacle prend une tout
autre dimension. Le rapport de force entre les deux personnages s'inverse,
les rebondissements viennent à point nommé et le spectacle gagne en
intensité. Tout est ici marqué du sceau de la fraîcheur et de la simplicité.
On rit autant qu'on est touché. Et la magie de la comédie romantique opère
à plein. Stéphanie Caillol laisse éclater avec un joli naturel toutes les
contradictions de son personnage. Quant à Hervé Devolder, qui signe ici la
mise en scène du spectacle, il est réjouissant de bout en bout. On est happé
par cette histoire qui nous tient en haleine jusqu'à la dernière phrase. Au
sortir de la salle, un sourire vissé sur les lèvres, on a le coeur léger et une
irrésistible envie d'aller se promener, à notre tour, dans un jardin public en
espérant, pourquoi pas, y faire pareille rencontre...»
Dimitri Denorme
Pariscope