Jeunesses volées : Auschwitz 1944-Marseille 1984

«On pense toujours à moi quand on fréquente la mort, la douleur, l'interrogation
existentielle. Je dois être devenu une référence dans l'inconscient
amical collectif. Il est solide après ce qu'il a vécu, doit-on penser, il s'est posé
sûrement les bonnes questions, on l'appelle et on gagne 7 ans de deuil.»
Roman autobiographique, Jeunesses volées (Auschwitz 1944-Marseille
1984) relie la grande Histoire, celle qui a marqué
le XX<sup>e</sup> siècle du sceau de l'horreur, à l'histoire personnelle d'où s'écoule
une rare intensité des sentiments. Ainsi se répondent la vie et la
mort de Léa, atteinte d'un cancer et que l'on suit au travers de son
calvaire, et celle de plusieurs témoins de la Shoa, parents de l'auteur.
Il s'agit de deux luttes pour la vie et d'espoir toujours renouvelé
malgré la noirceur d'un futur qui se resserre de plus en plus pour
chacun d'entre eux. Un hymne à la vie et à l'amour, malgré tout.
Sortir indemne de ce roman s'avère extrêmement difficile, sinon
impossible, tant l'auteur possède cette capacité rare à mener son
lecteur par le bout du coeur et à retranscrire la qualité des nombreux
sentiments humains. On pleure beaucoup, on rit souvent.
Un vrai beau premier roman !