Jean-Luc Parant : imprimeur de sa propre matière et de sa propre pensée

Après la publication de trois volumes de Jean-Luc Parant
( Les Yeux, les Yeux deux, les Yeux trois ) chez Corti, voici un
collectif, dont le projet et la direction reviennent à François-Marie
Deyrolle, qui veut montrer combien son oeuvre - hors
des modes et du temps - nous semble vraiment inouïe. Ce
collectif se présente en deux parties :
- des textes d'auteurs : Pierre Tilman, Kristell Loquet,
Pierre Pachet, Bernard Lamarche-Vadel, Michel Butor, Jean-François
Lyotard, Jean-Patrice Courtois, Éric Meunié, Valère
Novarina, Christian Prigent, et Jean-Louis Giovannoni et des
entretiens introuvables (issus, entre autres, des publications
du Bout des Bordes ) sur son travail de poète et de plasticien
;
- une anthologie raisonnée de tout l'oeuvre écrit de
Parant ( les cent livres de Jean-Luc Parant ) comprenant une
notice bibliographique très complète et des extraits.
«L'oeuvre de Parant relève bien d'une cosmogonie, d'une
philosophie même, qui n'a pas peur de s'affronter aux questions
essentielles, vieilles comme le monde, jamais résolues,
toujours d'une actualité la plus radicalement contemporaine, et
cela avec les matériaux les plus humbles et quelques dizaines
de mots - la vie, la mort, l'amour. Je ne connais que très peu
d'oeuvres qui prennent de tels risques. Et puis, en plus !, il y
avait ces discours sur le «travail» qui n'en disaient la plupart
du temps rien - comme si l'oeuvre était impossible à approcher,
des critiques médusés, tétanisés, qui ne pouvaient que
parodier le «style» Parant, offrir une sous-copie. Et dans quelle
boîte le classer : poète ? plasticien ? peintre qui écrit ou écrivain
qui peint ? Visions, idées, comme on le voit, partielles et
stéréotypées... Le souhait de ce livre, son ambition, est de faire
partager simplement cette expérience, souhaitant qu'advienne
par cette lecture, chez chacun, une disponibilité d'écoute pour
un geste et une parole poétique rares.».
François-Marie Deyrolle