Je te quitte : ruptures épistolaires

«Tu ne m'aurais pas laissée parler, je n'aurais pas pu t'expliquer.
Ton visage tout d'abord, fermé, aurait commencé à me dissuader.
Tu aurais parlé plus vite, plus fort, et peut-être même aurais-je
renoncé à te dire : je te quitte.
Je n'ai emporté que quelques affaires qui m'étaient propres et
chères, que quelques meubles de famille et mes livres. Je t'ai laissé
tout le reste et ajouté cette lettre pour t'écrire : je te quitte.»
Elodie Demarquay traite dans son ouvrage
d'une manière réaliste et dépouillée les éternels
problèmes du couple. L'auteur mêle habilement
réalité et fiction au point qu'il devient impossible de
ne pas s'identifier aux héros, tantôt vrais et sincères,
tantôt faibles et désarmés face au poids des règles et
des «coutumes» tapageuses et envahissantes.
Tendresse et sensibilité tempèrent
la terrible réalité de la rupture et lui confèrent une
indéniable dimension spirituelle. La leçon de ces
nouvelles, si tragique qu'en soit l'issue, reste pourtant
optimiste, même lorsque l'âpre monologue
de la lettre de rupture prend l'aspect d'un règlement
de comptes.