Je suis noir et je n'aime pas le manioc

Souvenez-vous : la coupe du monde 1998 et son
grand élan black-blanc-beur. Certains pourfendaient
déjà cet espoir-baudruche, illusion naïve
et qui finit par faire «pschitt». Les problèmes
étaient là : mythe de l'éboueur, mauvaise
conscience d'un ancien pays colonisateur,
mal-intégration d'une minorité qui s'imagine
inférieure, marquée au fer rouge...
En 2004, Gaston Kelman lançait son Je suis
noir... comme un pavé dans la mare. Féroce
et toujours juste, volontiers provocateur et
gaulois, ce bourguignon «par choix» disait le
malaise et analysait les dysfonctionnements.
Une foule d'anecdotes vécues et d'articles
polémiques qui, pour une fois, attaquaient
les problèmes de fond.
En ces temps d'identité nationale troublée, lire
Gaston Kelman est décidément une priorité.
«En exposant quelques fondements d'un racisme
ordinaire, en osant la caricature et l'humour, Gaston
Kelman provoque, déconcerte, refuse les débats politiquement
corrects, exigeant de chacun une réflexion
qui évite les apitoiements de surface.»
Christine Ferniot - Télérama