Il faut rêver très haut

Patricia Lecomte a observé pendant plusieurs années la Fête de
l'Humanité. De 2004 à 2008, entre chien et loup ou au coeur de la
nuit, quand le visiteur a déserté la fête, elle s'attache au décor
des stands, aux slogans qui les marquent.
«Il faut rêver très haut» est né d'une de ces phrases étendard.
«Il n'est pas indifférent que ce soit un journal, l'espace
où les mots prennent sens, où l'encre et le papier se marient
pour imaginer le futur, qui fasse appel à toutes ces énergies
afin d'assurer sa survie au quotidien. Les façades de toile
et de bois de la ville éphémère ne cessent de le crier, de le
proclamer : «Utopistes debout : rêve générale». Elles hurlent
contre les injustices, espèrent en un monde meilleur : elles
sont comme les pages dressées du journal de Jaurès.»
Didier Daeninckx (extrait)