Histoire de l'éducation, n° 98. Les enseignantes : XIXe-XXe siècles : formations, identités, représentations

Histoire de l'éducation, n° 98. Les enseignantes : XIXe-XXe siècles : formations, identités, représentations

Histoire de l'éducation, n° 98. Les enseignantes : XIXe-XXe siècles : formations, identités, représentations
Éditeur: INRP
2003194 pagesISBN 9782734209508
Format: BrochéLangue : Français

Institués dans les années 1830, les examens

de l'Hôtel de ville (Paris) délivrent les brevets

d'aptitude de maîtresse d'études et les diplômes

de maîtresse de pension et d'institution. Il s'agit

de diplômes nécessaires pour l'ouverture

d'un établissement secondaire de jeunes filles.

Bien qu'ils ne valent que pour le département

de la Seine, ils sont beaucoup plus recherchés

que le brevet élémentaire ou le brevet supérieur

de l'enseignement primaire, sans doute en partie

pour le prestige symbolique accordé à ce

diplôme jugé de nature «secondaire». Le nombre

de candidates au diplôme - en 1857-58,

elles sont 600 dont seulement 219 qui

réussissent (36,5 %) - suggère que

de nombreuses jeunes filles le passent

pour couronner leurs études et non pas dans un

objectif professionnel. À l'origine, les candidates

passent devant une commission désignée par le

préfet et composée de cinq hommes et deux

femmes, expérience que redoutent de

nombreuses candidates. À la fin du XIX<sup>e</sup> siècle,

Ernest Lavisse proteste contre la façon dont de

tels examens déforment l'enseignement

dispensé : «L'inévitable effet de cette importance

de l'examen est qu'il devient le maître et

le régulateur des études et des intelligences ;

non pas seulement l'examen mais l'examinateur...

Jeune bourgeoise, brevetée simplement

pour l'honneur, elle sera indifférente à la vie

intellectuelle». L'examen, qui devait à l'origine

ouvrir les portes de la profession, est devenu

un rite de passage dans la bourgeoisie

parisienne ; pour les jeunes filles qui se destinent

à l'enseignement, la formation proposée dans les

écoles normales supérieures de Fontenay et

de Sèvres, avec leurs examens spécifiques -

y compris l'agrégation féminine -, est devenue

la voie royale vers l'enseignement.

Ce livre est proposé par (0) membre(s)
Ce livre est mis en favori par (0) membre(s)