Heinrich-Enrique Racker : vous avez dit contre-transfert ?

«Le sens donné au contre-transfert et l'importance attachée aux problèmes
correspondants dépendent du sens que l'on donne à la fonction de
l'analyste à l'intérieur du processus psychanalytique de transformation interne.»
- H. Racker
En septembre 1948 à Buenos Aires, Heinrich/Enrique Racker
(Neu-Sandez, Pologne, 1910 - Buenos Aires, Argentine, 1961) prononçait
une conférence intitulée «La Névrose de contre-transfert», laquelle introduisait
la notion du contre-transfert comme outil thérapeutique. En 1949,
au Congrès de Zürich, Paula Heimann décrivait les mêmes fonctions du
contre-transfert dans sa contribution devenue célèbre «On countertransference».
L'un et l'autre, d'une manière tout à fait indépendante, donnaient
ainsi à la notion freudienne une stature conceptuelle et une portée technique
bien précise qui allaient marquer un tournant révolutionnaire dans le
mouvement psychanalytique mondial.
Racker consacra l'essentiel de sa vie professionnelle à l'étude systématisée
du contre-transfert, identifiant, avec une acuité clinique exceptionnelle,
sa force performative dans l'agieren transférentiel et sa puissance
transformatrice dans les cures.
Point de controverses majeures entre les différents courants théoriques
de la psychanalyse et, pour beaucoup, ligne de partage entre les techniques
interpersonnelles des psychothérapies et les processus spécifiquement intrapsychiques
de la psychanalyse, le contre-transfert est un concept riche et
souvent malentendu.
L'Association franco-argentine de psychiatrie et de santé mentale
(AFAPSM) lui consacre ce recueil qui comporte les principales contributions
de l'hommage rendu à H. Racker à Paris, en 2004.