Gilbert Lely, la poésie dévorante : actes du colloque Gilbert Lely, le centenaire, Paris 2004

Lisons ces merveilleux recueils, qui s'entrecroisent, se prolongent :
Arden, Je ne veux pas qu'on tue cette femme, La Sylphide ou l'étoile carnivore,
Ma Civilisation. Ce serait trop peu de dire que Gilbert Lely est le
poète le plus sadien du siècle. Il faudrait encore ajouter ceci : que pour cet
éditeur, ce biographe si attentif à restituer en toute simplicité la parole
sadienne, à ne pas multiplier les interprétations ou les commentaires, la
lecture de Sade, au sens où une véritable lecture est nécessairement interprétation,
aura été donnée par avance dans les poèmes. «Tout ce que
signe Sade est amour» : c'est dans les poèmes que se joue le renversement,
dans les poèmes que se donnent cours les élans de la subjectivité la
plus libre, jusqu'à la révélation amoureuse du château de Lacoste.