Gestion des forêts d'Afrique Centrale : avec ou sans les concernés ?

Le développement durable postule une grande diversité des
modes d'exploitation et de conservation des ressources
naturelles. A cet égard, les initiatives endogènes se sont partout
manifestées. Chaque société a voulu pérenniser ses interdits, ses
obligations, les techniques de gestion de son écosystème.
La plupart des peuples d'Afrique ont pu ainsi assurer leur
survie. L'équilibre dynamique entre humains, faune et flore,
aurait pu encore se poursuivre pendant des siècles... Mais tout a
pris fin avec la mise en dépendance par la Colonisation
européenne qui a dicté brutalement son mode opératoire. Les
richesses africaines ont été exploitées sans tarder.
Au sein du bloc forestier d'Afrique Centrale, de vastes
espaces ont été convertis en terrains agricoles, des pratiques
culturales séculaires ont été bannies, la terre des `parcs
nationaux' ou `réserves régionales' a été réquisitionnée sans
l'avis des populations qui y vivaient, pour être présentée à la
Communauté mondiale comme un facteur essentiel au
`sauvetage de la planète'. Tandis que, séparés de ce qui faisait
leur fonds de vie et lui donnait un sens, les indigènes étaient
invités à courir après les idées, les traditions, les approches
étrangères de conservation de la biodiversité, au risque d'une
aliénation matérielle et mentale.
L'auteur met à profit son expérience professionnelle pour
faire la revue critique des différents projets forestiers nationaux
et internationaux en vigueur dans la Région (Gabon, les deux
Congo, Cameroun, Tchad, Centrafrique, Rwanda...). Il plaide
pour une cogestion réelle entre Etats et populations directement
concernées.