Génocide et reconstruction de la paix au Rwanda

Génocide et reconstruction de la paix au Rwanda
Après le fleuve de sang qui a coulé au Rwanda, ce pays pourra-t-il
recouvrer durablement la paix ou va-t-il vers son anéantissement ? Voilà
la question qui est à l'origine de cette étude d'une part et d'autre part le fil
conducteur qui a guidé le développement de notre recherche. En nous situant
dans une vision de complémentarité de la science et de la conscience,
notre objectif a été d'élaborer un dispositif théorique pouvant servir lors de
l'intervention psychosociologique auprès des acteurs sociaux intéressés par la
reconstruction de la paix au Rwanda.
Au pays et dans la diaspora, les Rwandais qui adhèrent à la prise de conscience
de « ndi umunyarwanda » (je suis Rwandais) pour surmonter ce qui
les divise trouveront dans ce livre un instrument efficace. Il remonte d'abord
à la source, à l'époque où Gahutu et Gatutsi cohabitaient pacifiquement.
Le contraste entre la stricte observance de l'interdit de tuer à l'époque des
fondateurs et la banalisation des crimes de sang par nos contemporains pousse à
s'écrier : « O tempora ! O mores ! »
Même si les partisans de la raciologie de Hambourg ont une responsabilité
dans la déstructuration de la société rwandaise, l'analyse des discours comme
celui de Jean-Baptiste Rwasibo et celui de Léon Mugesera prouvent que les
Rwandais ont également une part de responsabilité dans la descente aux enfers
du Rwanda. L'analyse de la lettre ouverte de Jean-Gualbert Rumiya à Léon
Mugesera démontre qu'il y a eu et qu'il y a encore des Rwandais soucieux de
l'unité et de la paix. Selon le principe polémologique « Si tu veux la paix, connais
la guerre » et soutenus par l'État, les instituts de recherche et la Communauté
internationale, les Rwandais ont tout à gagner en méditant sur tous les malheurs
qui se sont abattus sur eux afin de faire régner un effectif « Never again ».