Garbo, mon printemps 1952 : récit

Elle est entrée dans une galerie d'art, à Paris, rue de Seine. J'y travaillais. Elle apparut, délicieuse, souriante. Troublée, impressionnée, paralysée par l'émotion, je voulus lui dire quelques mots. Mon patron, plus rapide, m'a prise de court. J'ai alors été submergée par la jalousie.
Ce matin, il fait beau et frais. Elle apparaît à la porte de la galerie, à contre-jour, reste quelques secondes, immobile. Je la reconnais très vite. Elle est accompagnée du photographe anglais, sir Cecil Beaton. Je n'hésite pas. Je vais vers elle. Elle semble réfléchir... Assez rapidement tout de même, elle répondit:
- À quelle heure terminez-vous?
- Je serai ci un peu avant 7 h, lance-t-elle sur lepas de la porte.
J'ai éprouvé le besoin de retranscrire mes nuits. Cela s'imposait à moi. Réveillée plus tôt que d'habitude, assise à ma table de travail, j'écrivais avant que ne s'effacent les sensations brûlantes de la nuit, de mes rêves, les odeurs même. En ce printemps 1952, je la retiens. Je ne la laisse pas partir sans un mot, sans un sourire. J'ose. Je suis seule. Cette fois-ci, mon patron n'est pas là. Je venais d'être initiée à ces plaisirs raffinés... l'amour saphique.