François Mitterrand, 1916-1996 : le grand metteur en scène de la République

«Ce Mitterrand, je l'aime bien. C'est un garçon
romanesque : je veux dire un personnage de roman.
Il sort, à quelques lieues de chez moi, du terroir
charentais, comme Rastignac.»
Ainsi François Mauriac saluait-il, en 1954, l'arrivée
de François Mitterrand à la tête du ministère de
l'Intérieur. Depuis lors, cet homme politique né avec
la IV<sup>e</sup> République et président grâce à la constitution
de la V<sup>e</sup> n'a cessé d'alimenter la critique.
Jamais vraiment aimé, jamais totalement haï, que
nous laisse cet homme qui voulait tant donner
l'image d'une force tranquille enracinée dans les
terroirs et qui s'engagea dans la construction
européenne ? Certains retiendront l'abolition de
la peine de mort, d'autres sa relation avec René
Bousquet, d'autres encore ses travaux pharaoniques
face à l'aggravation de l'exclusion sociale.
Un portrait en kaléidoscope d'un personnage qui
ne laissa jamais personne indifférent.
L'histoire d'une conquête et d'une solitude.