Flatulences politiques

Flatulences : du latin « vent », production de gaz gastro-intestinaux...
On est tout de suite dans le vif du sujet, ou dans le derrière du sujet... Si l'ouvrage ne comptait plus d'une centaine de pages, on pourrait absolument le ranger dans la case « pamphlet » tant l'écrit est satirique et violent à l'endroit de la politique, dans le sens ouvert du terme, si l'on peut dire.
L'auteur qui a dû vivre au coeur du pet, ne semble plus (re) sentir pour le pouvoir la moindre sympathie, ni moins encore nourrir d'illusions.
L'histoire se passe dans une municipalité qui vient à tonne de son mandat. Sans le sou bien sûr. Et prête à tout pour s'en procurer et présenter dans l'urgence à son conseil un budget équilibré. Histoire de briguer un nouveau mandat aux échéances qui se profilent. Mais l'argent ne se trouve point sous le sabot d'un cheval. Alors, les élus du peuple - et leurs valets - emploient tous les moyens et vite pour s'en procurer, même les moins avouables, d'autant qu'une grève des éboueurs vient perturber l'enjeu. Comment se termine l'affaire ?
Étonnement. De rebondissements en anecdotes croustillantes, l'auteur nous mène à la fin de l'histoire par ses chemins détournés. On se laisse porter par l'imagination fertile et débordante présente à chaque page, par les portraits au vitriol et le texte, j'allais dire les dialogues à la Audiard.
Un mode assurément pas anodin. Si le style en effet conduit, il ne peut qu'être celui-là, celui des sans conscience et des voyous... que sont les politiciens !
Extrait :
« - Tu diras ce que tu voudras Ange, le bourgeois ne sait plus recevoir. Dans ma vie, j'ai fait quelques bonnes maisons, eh bien tu me croiras si tu veux, on avait du plaisir à fracturer, on pouvait compter sur un accueil délicat, de bons fauteuils, un vieux marc ; on quittait l'endroit avec regret. Aujourd'hui, l'argent se démocratise, les bonnes manières n'y sont plus et on fait le métier sans coeur, à la va-vite, en passant. L'époque est à la production de masse, au marketing uniformisateur, à la dénaturation du goût. On ne prend même plus le temps de s'asseoir chez le client. Tu veux que je te dise pourquoi ? Parce que c'est sale, la vaisselle traîne dans l'évier et la boniche a laissé les savates sur le canapé. Je n'ai rien contre le genre crado, mais on a l'impression de prendre aux pauvres... »
Philippe Comare (Journaliste - l'Union)