Fils de Jean-Jacques

La volonté de repenser l'ordre social, l'amour de la nature, la promenade et la rêverie, la passion de la musique, l'intérêt pour l'éducation, le goût de la botanique... : de très nombreux éléments relient George Sand à Jean-Jacques Rousseau, dont la lecture a été déterminante dans sa formation, et qu'elle a souvent évoqué dans son oeuvre. En 1863, elle eut le projet de lui consacrer un roman, Mémoires de Jean Paille , interrompu au bout d'une centaine de feuillets, et jusqu'alors resté inédit. À un tournant du Second Empire, Sand voulait dans ce roman politique et historique suivre un descendant du philosophe, un « petit-fils de Jean-Jacques », à travers les grandes crises révolutionnaires de son temps.
Quel est l'héritage d'un écrivain qui, pour Sand, a changé la vie de ses contemporains autant qu'il a renouvelé la pensée philosophique et politique, et la littérature ? Quelle action a-t-il eue sur les hommes du XIX<sup>e</sup> siècle, et de qui ceux-ci peuvent-ils se dire les fils ? Telles sont quelques-unes des questions qui hantent ce roman inachevé comme le long article. « À propos des Charmettes » que Sand publie la même année dans la Revue des Deux Mondes.
Le volume est complété par un autre article de Sand de 1841, « Quelques réflexions sur Jean-Jacques Rousseau », par des extraits de son autobiographie, Histoire de ma vie , et par divers documents.
Les textes sont établis, présentés et annotés par Christine Planté professeure de littérature française à l'Université Lumière Lyon 2, membre de l'UMR LIRE, spécialiste du XIX<sup>e</sup> siècle.