Figures mythiques et types romanesques : essai sur les enjeux d'une sociologie du roman

Quelle place notre modernité désenchantée laisse-t-elle
à la mythologie et aux rites ? S'appuyant sur des études concrètes
( le rôle des symboles en politique, le hasard dans le jeu, les
rituels amoureux, le prétendu symbolisme du Coca Cola , etc.), cet
essai analyse le statut contemporain de la pensée mythique et
symbolique puis en dénonce les exploitations illégitimes. Afin de
confirmer la pérennité de la mythologie, il la confronte alors au
roman, véhicule moderne de sa transmission.
Une genèse du genre romanesque fonde l'existence de deux types
littéraires référés à des besoins distincts : le roman réputé
classique répond au désir de représentation des conflits et
déceptions propres à l'évolution des temps modernes ; les romans
d'aventures, policiers , etc., au contraire, reprennent en les
travestissant les figures mythiques atemporelles pour satisfaire
aux fantasmes d'un monde prévisible.
Cette opposition résout une double difficulté : fonder
objectivement la différence entre les types littéraires ; réconcilier
les sociologues (étrangers à la mythologie) et les anthropologues
(assimilant structures mythiques et romanesques). L'étude de la
mythologie devient ainsi l'outil d'une sociologie du roman.