Narratologie, n° 11. Les souvenirs d'Henri Bosco : entre autobiographie et fiction

Les " Souvenirs " d'Henri Bosco :entre autobiographie et fiction
Ce volume, intitulé Les " Souvenirs " d'Henri Bosco : entre autobiographie et fiction , réunit les actes du VII<sup>e</sup> colloque international consacré à l'oeuvre d'Henri Bosco qui a été organisé à l'université de Nice-Sophia Antipolis, en mai 2011. Le triptyque des " Souvenirs " d'Henri Bosco - Un Oubli moins profond (1961), Le Chemin de Monclar (1962), Le Jardin des trinitaires (1966), complété de manière problématique par Mon Compagnon de songes (1967) - se présente comme une exploration de l'enfance de l'écrivain, par le biais d'une série de coupes opérées sur une période allant de la naissance à la douzième année. Mais le narrateur d' Un Oubli moins profond nous installe dans un espace instable et hybride entre autobiographie et fiction : " Je ne sais plus si j'ai ou non inventé cette scène et si ce personnage attentif aux oiseaux de nuit est une fiction ou moi-même en songe. Car le souvenir n'est qu'un songe où l'on est un peu ce qu'on fut et beaucoup plus ce que l'esprit en imagine " et il ajoute " ce qu'on aime on l'aime tant qu'on le romance, et ainsi j'ai un peu romancé Tante Martine ".
Le retour des personnages fictionnels dans ces " Souvenirs " comme les emprunts aux récits d'enfance ne sont-ils pas des indices de la nature fondamentalement hétérogène de cette entreprise autobiographique ? L'inscription des songes de l'enfant dans la substance de ces textes ne signifie-t-elle pas que la vérité de l'écrivain est indissociable de son imaginaire ? Le dispositif textuel élaboré par Bosco n'échappe-t-il pas fondamentalement à l'éprouvette du poéticien en quête de catégorisation ? Voici quelques-unes des questions auxquelles les auteurs de ces contributions ont apporté des éléments de réponse.