Le point de vue : de la vision du cinéaste au regard du spectateur

Dès qu'un cinéaste ou simple «opérateur» décide de placer sa caméra à un
endroit précis, il adopte un «point de vue» par rapport à ce qu'il regarde.
Le «point de vue» est donc inhérent au cinéma, encore faut-il savoir ce
que l'on en fait. Le photographe amateur, le cinéaste, aujourd'hui le manieur de
caméra DV est bien obligé de choisir sa place pour enregistrer quelque chose.
Il a nécessairement un «point de vue» sur ce qu'il montre. Appelons le «point
de vue quelconque» ou «point de vision». En revanche, celui qui se pose
quelques questions sur ce qu'il veut montrer et surtout comment il veut le
montrer, est amené à faire des choix qui ne relèvent pas seulement de la
définition classique du Petit Robert où du Guide Michelin : « Lieu d'où l'on voit un
objet (un paysage) le mieux possible, où l'on jouit d'une vue pittoresque ». Il envisage de
transmettre une «vision» au sens fort du terme, une manière de voir le monde.
Cette approche repose sur de nombreux classiques du cinéma, de Citizen Kane
d'Orson Welles à Bonjour de Yasijiro Ozu, en passant par deux films de cinéastes
dont la démarche toute entière est déterminée par la notion de point de vue et
qui en ont fait le sujet de certains de leurs films, Alfred Hitchcock avec Fenêtre sur
cour (1954) et Fritz Lang avec Chasse à l'homme (Man Hunt, 1941).