Marie-Antoinette ou L'insouciance assassinée

Dernière grande figure féminine de la
monarchie française, Marie-Antoinette
conserve une image bicéphale entre l'innocente
bergère de Trianon et «l'Architigresse d'Autriche»
trahissant la France pour les Habsbourg. Tandis
que certains se laissent prendre au charme de cette
reine du rococo qui fut la mode, d'autres ne voient
en elle qu'une «Madame Déficit» au temps où la
grande affaire du royaume était la dette publique.
Épouse d'un mari faible, elle voulut combler de
bienfaits la petite société faisandée de ses courtisans.
Pire, elle prétendit se mêler des affaires de
l'État pour obliger ses entours, le beau Fersen et
plus encore ses parents de Vienne. Bouc émissaire
d'un système social et fiscal à bout de souffle,
cette naïve fut victime de son insouciance et de
cette médisance qui, une fois mise au monde,
s'emballe d'elle-même en fantasmes immondes.
Attiré par le mystère des Janus féminins (il vient de publier
une biographie de Jackie Kennedy) , Jean-Marc Simon
tente ici un portrait balancé d'un coeur trop tendre et
généreux, d'abord assassiné par l'ordure et la haine, puis
immolé en victime expiatoire sur l'autel d'une République
en danger.