Trop jeunes pour mourir : ouvriers et révolutionnaires face à la guerre (1909-1914)

Ils étaient trop jeunes pour mourir, ces militants de la
Fédération communiste anarchiste (FCA) qui, à l'orée
des années 1910, s'activaient sans répit pour empêcher
la catastrophe. À 20 ans, la grande poussée ouvrière de 1906
les avait fait vibrer. La CGT était leur seconde famille, la grève
générale leur horizon. Face à l'État, ils proclamaient leur volonté de
«saboter la mobilisation» si la guerre éclatait. Et ils s'y préparaient,
en effet, malgré une répression de plus en plus brutale.
En suivant le fil rouge de la brève histoire de la FCA, ce livre
décrit la vivacité du mouvement ouvrier avant le cataclysme
de 1914 : son mode d'organisation et ses fractions, ses controverses
et ses passions, ses petites et ses grandes luttes.
On y revivra les grèves des PTT en 1909, celle du rail en 1910
ou du bâtiment en 1911, toutes émaillées d'actes de sabotage...
On s'y plongera dans les affaires qui défrayaient la chronique et
attisaient les polémiques : Ferrer, Aernoult-Rousset, Bonnot...
On y découvrira aussi l'enthousiasme des libertaires pour la
Révolution mexicaine, tandis que se multipliaient les bagarres
au Quartier latin contre les antisémites et les Camelots du roi.
On verra la CGT, dont la période héroïque était révolue,
se déchirer quant à la stratégie à adopter, alors que les femmes
et la «main-d'oeuvre étrangère» s'invitaient dans le débat syndical.
On assistera enfin, dans un climat de réaction belliciste, à la traque
aux réfractaires et aux contempteurs du «joujou patriotisme»,
menacés du bagne militaire et du peloton d'exécution.